Le web nous rend malade… ou nous guérit

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Après l’isolement la dépression…

N’allons pas ressasser le vaste débat, sur les MMORPG (Massively Multiplayer Online Role Playing Games), stigmatisés comme la cause de tous les maux : mal-être, addiction, isolement… et ce en particulier chez les adolescents.

– I don’t have a World of Warcraft account! Do you?

– No, I have a life…

South Park, 2006


Depuis quelque mois il semblerait que la polémique se tourne vers l’emblématique réseau social : on parle aujourd’hui de « dépression Facebook », un risque de plus en plus présent chez les adolescents selon  une étude Pédiatrics.

Ladite dépression peut être déterminée, entre autres, sur trois niveaux :

Le nombre d’amis:

Si les adultes ont tendance à privilégier la qualité de contact, les adolescents se lancent quant à eux dans une course au nombre d’amis.

Un comportement qui traduit une peur irrépressible d’être un « no friends ».

« Naviguer sur Facebook peut être plus douloureux que d’être installé tout seul à la cafeteria de son école »

Rapport de l’Associated Press.

A l’inverse, certains ados, déçus en reviennent :

« J’ai  eu un temps où des gens avec, par exemple, 250 amis en commun, m’ajoutaient sans qu’ils me connaissent. J’ai vite dépassé la barre des 1000 « amis ». Mais sur 1000 amis, combien sont prêts à vous aider ?

Pas grand monde.

Facebook ne m’a apporté que des merdes dans ma vie. »

Anonyme, Forum doctissimo 15 Janvier 2011


La préciosité du « like » :

Partager du contenu sur Facebook revient à mettre sur la scène publique ses goûts et sensibilités. Mais au-delà du plaisir de partager, la démarche n’en est pas moins statutaire : on poste pour être reconnu. Certains adolescents ressentent alors le manque de « like » comme un échec social.

Ressasser le négatif :

Dans ladite étude, les experts mettent en exergue un constat paradoxal quant à l’utilisation des outils conversationnels :  les mails, chats et réseaux sociaux sont autant de possibilités pour les ados d’évacuer leurs soucis que de les ressasser. Ils peuvent autant être un exutoire qu’un amplificateur de stress.

« Je déteste Facebook cela me rappelle à quel point ma vie est pathétique. »

relate un jeune sur le forum de Social Anxiety support.

La dépression Facebook, une « néo-dépression » « brandée  » au label 2.0 ?

Il est clair que la tendance prête  à sourire d’autant plus qu’il n’existe à ce jour ni diagnostic scientifique, ni critères de diagnostic, ni même de descriptif clinique.

Cela dit, loin de moi l’idée de faire fi de tragiques évènements à l’instar du cas  de l’adolescente américaine de 15 ans qui s’est suicidée l’année dernière après avoir était victime d’un lynchage public sur le réseau social.

Qu’on se le dise : la vigilance est de mise.

Combattre le mal par le mal :

Facebook nouvelle source d’anxiété pour les parents et ennemi des docteurs ?

Pourtant il s’avère être un fabuleux outil pour accompagner certains patients dans leur guérison, tout du moins selon le Docteur Patrick Brophy, directeur de la Division de la Néphrologie Pédiatrique, la Dialyse et la Transplantation à l’Université de l’hôpital pour enfant de l’Iowa.

Le fait : après une transplantation s’en suit une longue série de prises de médicaments. Le problème étant que dès que les jeunes patients sont en phase de guérison et reprennent goût à leur vie sociale, ils ont parfois tendance à les oublier.

« Souvent, ils ont eu des maladies chroniques. Ils veulent être comme leurs pairs, ce que je ne blâme pas, donc parfois ils oublient de prendre leurs médicaments»

Patrick Brophy

Cela dit, un retard récurent peut avoir de lourdes conséquences… comme la perte d’un rein.

Pour pallier cette problématique, le docteur a participé au développement d’un nouveau logiciel, L’Iowa MedMinder ainsi qu’une application Facebook dédiée.

L’application Facebook MedMinder permet :

  • De mettre en ligne, sur le « wall » du patient, la liste de médicaments ainsi que les dates des prises.
  • De cocher les cases des médicaments pris.
  • D’envoyer les données actualisées au médecin traitant, qui pourra alors les comparer aux résultats d’analyse sanguine.

Par soucis de confidentialité, cette application n’est pas ouverte à la communauté du patient.

Des « gamers » pour trouver remède aux maladies :

Une idée folle ? Lisez plutôt.

Le 18 septembre dernier, la revue scientifique Nature Structural & Molecular Biology publie un rapport d’étude sur une découverte exceptionnelle : le décodage de la structure d’une enzyme proche de celle du sida. Cette énigme, qui tenait en échec les plus grands scientifiques depuis plus de 10 ans, a été résolue par des joueurs de Foldit en trois semaines seulement.

Foldit ? Un jeu vidéo expérimental sur le repliement des protéines, développé par les départements d’Informatique et de Biochimie de l’Université de Washington.

Pour l’occasion, les scientifiques ont réparti des milliers de joueurs du monde entier, allant des collégiens aux retraités, en équipes concurrentes. Chacune d’entre elles ont dû alors manipuler, via leur ordinateur, des chaînes d’acides aminés, en les pliant et les repliant, essayant toutes les combinaisons possibles, jusqu’à trouver une structure viable.

« Les résultats publiés cette semaine montrent qu’en combinant les jeux, la science et l’informatique, on parvient à des avancées qui n’étaient pas envisageables jusqu’alors. »

Seth Cooper, un des créateurs de Foldit.

Cet exemple, fort de sens, redonne aux jeux de logique et d’énigme leurs titres de noblesse et nous amène à reconsidérer les clichés attribués aux « gamers » .

Par ailleurs, certains songent déjà à appliquer la méthode « jeu » au système scolaire américain.

« Foldit est la preuve qu’un jeu peut transformer un novice en un expert capable de faire des découvertes de premier ordre. Nous sommes en train d’adopter la même approche dans la façon d’enseigner les maths et la science à l’école. »

Zoran Popovic, professeur d’informatique Université de Washington

Le web ? Un outil avant tout :

Et ce d’autant plus dans le domaine de la santé.

Encenser, stigmatiser… qu’importe. Tout outil, activité ou usage présente autant d’opportunités que de risques, de bonnes pratiques que de déviances.

L’objectif est avant tout de recentrer les opinions sur ce qu’est, et doit rester, le web en priorité : un outil qui puisse autant accompagner l’internaute au quotidien que favoriser le partage du savoir-faire individuel pour générer une intelligence collective.

Xavier Baillet

Entrepreneur et Directeur de la Création d'entreprises dans les secteurs du design, du marketing et du digital depuis 1999.

J'aime faire avancer les gens, les idées et la société. J'aime les entreprises utiles et les entrepreneurs passionnés.

J'aime faire exister les idées et les projets qui ont un sens pour les gens.

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