Sinon je fais quoi d’autre avec mon iPhone ?

 dans Business, Marketing

iPhone iPhone… encore un article sur l’ iPhone allez- vous me dire. La barbe !

Je peux comprendre que les articles tous azimuts sur le sujet puissent un tantinet lasser. Je le conçois d’autant plus que je ne suis pas une fervente utilisatrice ni du produit, ni de la marque.

Mais cela dit, personne ne peut nier le succès planétaire de ce  petit bijou d’Apple, commercialisé depuis 2007. Si bien qu’en mars 2011, lors de la présentation au sommet de l’Ipad 2, la marque se targuait même d’avoir franchi le cap des 100 millions de ventes dans le monde.

Quant à la France, elle compte tout de même 4 millions de propriétaires.

Il faut dire que l’iPhone, précurseur d’une nouvelle ère pour les Smartphones, est à des années-lumière du téléphone portable basique. La preuve en est dans l’utilisation que les consommateurs en font.

En effet, selon le service de recherche d’applications Appsfire, pour une utilisation moyenne de 84 minutes par jour :

27 minutes sont réservées à la communication (téléphonie, Skype, messages).

7 minutes pour consulter ses mails.

10 minutes pour naviguer sur le web.

40 minutes sont dédiées aux applications (108 applications pour un utilisateur moyen dont 32% étant des jeux).

L’iPhone multi-fonctions !!? Si bien que même la téléphonie, qui est pourtant sa fonction de base, en devient un usage minoritaire.

Et aux utilisateurs de conclure dans l’étude sur les nouveaux usages du mobile et leurs impacts sur la marque de  l’ observatoire de la communication et des médias :

« Si je perds mon iPhone, je perds un bout de ma vie »

Femme, 23 ans , étudiante en communication

« Si l’iPhone était un sentiment cela pourrait être la passion »

Homme, 40 ans , responsable technologies

Ces chiffres et verbatim hyperboliques m’amènent à me poser la question suivante. Allons-nous développer un monde où tout nous sera possible avec un iPhone à portée de main ?

Je pense bien ne pas être la seule à me poser la question. Certains en font même leur axe de travail.

En effet, entre démarche artistique, ludique et gadgétisation certains innovateurs se lancent dans l’essai d’utiliser l’ iPhone autrement.

Voici un petit tour d’horizon de quelques initiatives observées dans l’année avec, dans le lot, un potentiel de tendance lourde en devenir.

Je m’en sers de muse :

Et je revendique, par la même occasion, mon statut d’artiste.

Projet ” 12 lve”

Le  projet « 12 lve » dont est issu le cliché ci-dessus, se constitue d’une série de 12 photographies grands formats, mettant en scène les derniers produits de la marque Apple complétement détruits dont le fameux iPhone qui, lui non plus, ne manque pas d’en prendre pour son grade.

Fruit d’une collaboration entre le graphiste Michael Tompert et le photographe Paul Fairchild, cette démarche artistique vise à sensibiliser les consommateurs sur leur relation avec les produits de la marque, et à fortiori à l’aliénation grandissante entre les hommes et les outils technologiques.

Potentiel tendance incontournable ?  Faible.

Parce qu’entre Andy Warhol qui a su dénoncer ouvertement l’avènement d’une société uniformisée par la consommation de masse, Bansky qui met en scène l’absurdité de notre société de consommation sur tous les murs du monde, et tant d’autres, la dénonciation mise en image par  «12 lve » paraît tout de suite moins virulente.

Parce qu’en plus, ça frise le déjà vu. Rappelez-vous en 2007 quand la société Blend tech avait lancé sa web série « Will it blend ? », dans laquelle un “savant fou” passait au mixer toutes sortes d’objets insolites pour démontrer la fiabilité de leurs produits, quelles avaient été leurs cibles phares  ? L’ iPhone, l ‘iPhone 3G, l’ iPad et l’iPhone 4, naturellement… Même si dans ce cas la démarche était davantage commerciale qu’artistique, la destruction d’un produit de la pomme a déjà été utilisée comme moyen de différenciation.

Chez Apple on perçoit l’initiative comme un hommage plutôt qu’une provocation.

Pour preuve, Vinnie Chieco, rédacteur pour Apple (et à l’origine du nom  iPod ) a déclaré pour Cultofmac que Tompert n’avait rien à craindre, son travail étant considéré comme un hommage, et qu’il « ne serait pas surpris si Steve Jobs achetait quelque unes de ces affiches et les accrocheraient dans les bureaux d’Apple ». Dit comme ça, ça fait forcément moins “Rock and Roll”.


Je tourne mon propre film :

Affiche du film Paranman-jang

En février dernier, Paranman-jang, le film de Park Chan-Wook qui se trouve être entre-autre le réalisateur d’ Old Boy, a reçu l’Ours d’or du meilleur court métrage au 61 ème festival international du film de Berlin.

Sa particularité ? Un film de 33 minutes entièrement tourné… avec des iPhones 4.

Le cinéaste revendique sa démarche en expliquant que l’utilisation de l’iPhone 4 représentait une belle opportunité pour réduire le coût et le temps de production.

“Petits et légers, les iPhones permettent de varier l’angle de prise de vues, et on n’a pas besoin d’être chef opérateur”.

Park Chan-Wook, cinéaste

Ainsi, pour Paranman-jang, le budget n’a pas dépassé les 102 000 euros pour 10 jours de tournage.

Potentielle tendance incontournable ?  Forte.

Cette démarche représente déjà un vecteur d’inspiration pour les marques news tech du marché asiatique. Samsung Electronics, par exemple, a confié au chanteur Coréen Kim Tae-u, la réalisation d’un court métrage intitulé “l’ère du lait”, tourné avec le Galaxy S.

Résultat : le film a été téléchargé plus de 3.5 millions de fois sur des Galaxy 2 et Galaxy top.

Je fais de mon environnement un vaste terrain de jeu :

La société Apptoyz conçoit et commercialise des applications de jeu iPhone. Mais depuis Juillet 2011, elle innove d’autant plus en développant une large gamme de périphériques à ajouter aux jeux déjà proposés par l’enseigne. De quoi donner encore plus de sensations.

AppBlaster

Le « Gun » pour pouvoir dégommer des « Aliens » en réalité augmentée.

Appcopter

L’hélicoptère, à piloter à distance via l’application  dédiée.

AppWheel

Le volant, pour apporter un peu plus de sensations à vos jeux de courses.

Potentiel tendance ? Elevé.

Effectivement rien n’est moins simple que de se balader avec son volant ou son hélicoptère dans son sac, pourtant je reste persuadée que cette gamme d’accessoires va ravir son public technophile. Par ailleurs, ces innovations s’inscrivent pleinement dans la tendance de “gamification nomade” dans laquelle on fait de notre univers réel un vaste terrain de jeu virtuel (à l’instar de l’application Shadow cities dans l’article réinventer la vie en ville).


Je m’ouvre une bière :

Que l’on s’entende, ouvrir une bière avec son iPhone c’est un peu moins revendicatif  que de le détruire, un peu moins créatif que de tourner un court métrage, moins ludique que de désinfester le monde d’envahisseurs; il n’en reste pas moins que ça peut être utile. Et surtout, désormais, c’est possible.

Rob Ward marketeur et Chris Peters designer industriel, se sont associés  pour concevoir « Opena », une coque pour iPhone 4 munie d’un décapsuleur rétractable. Le produit phare est aujourd’hui disponible en pré-commande.

Pour les deux associés l’insight est évident : si nous gardons toujours sur nous notre téléphone, on ne peut pas en dire autant d’un décapsuleur. Utile, il est pourtant souvent oublié.

Alors pourquoi ne pas concilier les deux outils ?

Le plus produit ? Son design sobre et fin : la coque n’est pas plus épaisse que n’importe quelle autre.

Potentiel tendance ? Court terme… pour les buveurs de boissons fraiches.

On peut voir dans l’ « Opena » un potentiel à devenir le hit des gadgets de l’été et le Top 1 des cadeaux d’anniversaire pendant les quelques mois à venir. Au-delà je reste perplexe.

En effet les tendances “gadget” ont des cycles de vie relativement court, étant rapidement rendues obsolètes par les nouvelles innovations.

Néanmoins le duo improbable peut considérer  « Opena » comme un succès puisqu’ils ont déjà remboursé 100 % de leur financement avant la commercialisation officielle du produit.

Comment est-ce possible ? Grâce au site Kickstarter dont le principe est d’assurer le financement d’un projet en vendant les produits en avant-première, édition limitée. L’argent récolté permet aux innovateurs de pouvoir assurer la commercialisation officielle en grande pompe.

Lancé sur le site en Juin 2011, « the Opena » a reçu un énorme intérêt et a remboursé 50% du financement initial dès la première semaine. Le lundi 27 Juin 2011 le projet est 100% remboursé.

L’ iPhone ou la construction d’un objet mythique :

Élevé au rang de produit incontournable, l‘iPhone est de tous les combats. Certains veulent détruire son image ou développer son champs d’utilisation sur la scène créative, quand d’autres cherchent plus simplement à l’agrémenter d’accessoires comme l’on ” tunerait”  une voiture.

Finalement l’objectif de l’article n’est pas tant de chercher à anticiper les tendances “new tech ni “consommateurs” de demain mais plutôt de mettre en lumière qu’entre innovation et usage artistique, l’iPhone, au delà de son succès commercial, fascine toujours autant depuis bientôt 4 ans… et ce n’est visiblement que le début de la construction d’un mythe.

Olivier Baillet

Olivier Baillet

Consultant spécialisé dans la stratégie et la finance d'entreprise.
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Olivier Baillet
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